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Claudio :
Si notre cher programme est respecté, nous arriverons en Sibérie à la fin de l'hiver, c'est-à-dire à une période où, pour employer un doux euphémisme, il fera encore plutôt frisquet... C'est pourquoi notre chemin, aussi bien en Sibérie qu'en Mongolie, suivra le légendaire tracé du Transsibérien : non seulement nous assurerons notre transport contre le danger des routes gelées, mais nous en profiterons pour emprunter l'un des trains les plus mythiques du monde. Nous espérons que dans ces régions où le froid régnera en maître lors de notre passage, nous aurons l'occasion de faire quelques bonnes vieilles veillées au coin du feu ou du poêle, vous savez, ces moments où l'on raconte de belles histoires pour maintenir la nuit et le gel hors des maisons...
La Chine, ensuite, représentera un gros morceau de notre périple, puisque nous avons prévu trois mois pour la traverser du nord au sud. Le pays s'ouvre de plus en plus aux visiteurs, pratiquement toutes les régions sont aujourd'hui librement accessibles aux voyageurs, à l'exception notable du Tibet, bien sûr, mais qui sait, dans trois ans... La barrière de la langue sera ici particulièrement frustrante car nous aurons sans doute beaucoup de mal à trouver des personnes partageant une de nos langues, mais si nous sommes allés jusqu'en Chine, je crois que ce n'est pas une difficulté de plus qui nous rebutera... Et puis bien évidemment, le rêve de la Grande Muraille, là aussi un point focal, symbolique, de ce tour du monde qui nous aura déjà fait voir tant de merveilles.
Dul :
Vladivostok, le nom du bout du monde. Petit, cette ville était le lieu le plus éloigné que je puisse imaginer, bien plus que l'Australie. A partir de cette ville et pour de longs mois, nous allons encore perdre un repère : l'alphabet latin. Vladivostok sera aussi le début d'un rêve, monter dans le plus mythique de tous les trains. De Vladivostok à Irkoutsk, de Irkoustk à Ulaan Baatar puis de Ulaan Baatar à Pekin, le Transsibérien devrait être notre principal moyen de transport.
Une fois les portes de l'Asie franchies, j'aimerais être un évadé russe fuyant son goulag qui découvre le printemps sibérien. Puis un cavalier mongol suivant son chef à la conquête de l'Europe ou de la Chine. Puis un garde chinois attendant du haut de sa muraille la déferlante des cavaliers mongols. Puis un dignitaire chinois rendant hommage à son empereur dans la cité interdite. Puis un caravanier qui après de long mois de voyage découvre enfin Sian. Enfin, un pèlerin découvrant les contreforts du Tibet. Il sera alors temps d'entrer au Viêt-nam.
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