|
26ème jour - Dimanche 21 septembre 2003 (Szeged - Salonta - Oradea, Hongrie - Roumanie)

5h45, le train pour Salonta démarre, la Roumanie paraît enfin être à portée de main. Ce qui nous semble se confirmer quelques instants plus tard, puisque nous voilà à la frontière hongroise où tout se passe bien. Encore quelques minutes plus loin, nous voilà à Salonta où tout se gâte. Tout d'abord, nous tombons sur une douanière acariâtre qui nous fait vider la totalité de nos sacs, qui semble détecter une arme dangereuse dans le papier toilette de Claudio et découvrir un secret d'état dans notre photocopie de la carte de Bratislava. Puis un autre douanier nous demande de le suivre et emporte nos passeports au bureau de la douane. Sur le trajet, un changeur de devises au noir nous aborde. Malgré notre manque cruel de lei (la monnaie roumaine) nous déclinons la proposition, car changer de l'argent au marché noir sous le nez d'un douanier tenant nos passeports n'est certainement pas la meilleure idée pour rester dans le pays. Finalement nous récupérons nos papiers avec un tampon roumain tout rouge. OUF, nous voilà enfin officiellement en Roumanie ! Mais nous ne sommes pas encore au bout de nos peines. Le changeur au noir ayant disparu, il nous faut trouver une autre source de lei afin d'acheter nos billets de train pour Oradea qui se trouve à une trentaine de kilomètres. La tâche ne s'annonce pas facile, nous sommes dimanche. De toute façon un rapide tour dans la ville, charmante bourgade faite exclusivement d'immeubles en béton, ne nous permet pas de trouver la moindre banque. En désespoir de cause, nous retournons à la douane où nous discutons en français avec l'agent présent. Il finit par nous changer 5 euros contre des lei à un taux tout à fait raisonnable. Me voilà donc à la tête d'une fortune de 172 000 Lei.

Il ne nous reste plus qu'à acheter les billets et attraper le train. Mais il était dit que rien ne nous serait épargné, car nous avions oublié un petit détail : en passant la frontière, nous avons changé de fuseau horaire. Nous n'avons donc pas une heure pour acheter nos billets, mais quelques secondes pour sauter dans le train, ce que nous faisons en catastrophe et sans billet. Allez, courage, il ne nous reste plus qu'une épreuve, le contrôleur. Nous allons le voir le plus souriant possible, mais à notre grand désespoir, il essaye de nous vendre un billet à un prix exorbitant. En voyant notre fortune et nos têtes dépitées, il prend un billet de 50 000 lei (un peu plus d'un euro) et s'en va en oubliant de nous donner un ticket. Qu'importe, 3/4 d'heure plus tard nous arrivons en gare d'Oradea. Nous descendons, nous nous asseyons sur le banc le plus proche et mangeons notre petit déjeuner. OUF ! Nous voilà bien entrés en Roumanie, mais que cela a été compliqué et fatiguant. Ah j'oubliais, nous recroisons le contrôleur sur le quai de la gare, entouré de deux de ses collègues. En nous voyant, il leur raconte un truc, ce devait être très drôle car ils ont éclaté de rire en nous regardant...
La gare est à 2 kilomètres du centre. En chemin, nous faisons un arrêt au premier distributeur de billets, nous voilà multimillionnaire ! Un euro valant 35 000 lei, donc une journée 1,4 millions de lei, on devient vite millionnaire dans ce pays ! Nous nous lançons ensuite à la recherche de notre hôtel. Le premier essai est un échec, c'est plein. Le second est le bon, Le Vulturul Negru (Le Vautour noir), un incroyable palace construit en 1908 dans un état de décrépitude avancé (lire absolument la chronique "Vulturul Negru"). De rapides courses et un déjeuner aussi rapide plus loin, nous voilà pour 3 jours à Oradea, pour travailler et nous reposer un peu. Le soir, les restos indiqués dans le guide étant fermés, nous essayons le "Casa Iulia" où nous mangeons bien et à un prix raisonnable. Le restaurant possède une immense cour intérieure plantées d'arbre où nous nous installons. Ensuite, retour directement à l'hôtel pour dormir, notre première nuit en Roumanie, mais 24 heures plus tard que dans nos prévisions.
|